{"id":15594,"date":"2020-12-01T18:22:36","date_gmt":"2020-12-01T17:22:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/"},"modified":"2020-12-01T18:22:36","modified_gmt":"2020-12-01T17:22:36","slug":"francois-dermange-pourquoi-donner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/","title":{"rendered":"Fran\u00e7ois Dermange &#8211; Pourquoi donner\u00a0?\u00a0"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9tudes de neuro-imagerie le montrent : le comportement g\u00e9n\u00e9reux procure du plaisir et, par sa connexion \u00e0 d\u2019autres zones du cerveau, participe \u00e0 cr\u00e9er une sensation de bonheur. Cela fait-il de la recherche du plaisir la motivation \u00e0 donner ?<\/p>\n<p>Certains le pensent, qui trouvent l\u00e0 une justification empirique aux th\u00e8ses avanc\u00e9es voici deux si\u00e8cles par David Hume. Hume en effet ne nie pas qu\u2019un fond de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 nous lie \u00e0 nos proches, mais qui s\u2019estompe \u00e0 mesure que nous nous en \u00e9loignons, car plus qu\u2019\u00e0 la bont\u00e9, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 se rapporte au plaisir \u00e9go\u00efste trouv\u00e9 dans la relation. Quant \u00e0 celui ou celle-l\u00e0 qui se montrerait g\u00e9n\u00e9reux par-del\u00e0 ce cercle, il n\u2019\u00e9chapperait pas \u00e0 la logique \u00e9go\u00efste et h\u00e9doniste, d\u2019une attente secr\u00e8te de r\u00e9tribution dans l\u2019autre monde.<\/p>\n<p>On objectera que ce n\u2019est pas parce que la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 procure un certain plaisir qu\u2019elle n\u2019est motiv\u00e9e que par lui, et moins encore par cette sorte de plaisir particulier qui le rapproche du moteur des \u00e9conomies marchandes. Tout au plus, cela conduit-il \u00e0 nuancer Descartes et Spinoza qui r\u00e9duisent la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 \u00e0 un simple devoir rationnel.<\/p>\n<h2>Alors pourquoi donner ?<\/h2>\n<p>Voici un si\u00e8cle, Marcel Mauss faisait une hypoth\u00e8se inverse \u00e0 la maximisation du plaisir par calcul d\u2019int\u00e9r\u00eat. L\u2019Essai sur le don vise \u00e0 faire appara\u00eetre une logique plus archa\u00efque et plus profonde : celle du don et du contre-don. Mauss part du \u00ab potlatch \u00bb, le type d\u2019\u00e9change qu\u2019on trouvait parmi les tribus du nord-ouest am\u00e9ricain, o\u00f9 chaque chef se montrait pr\u00eat \u00e0 d\u00e9penser toute la fortune de son clan, pour prouver \u00e0 celui qui l\u2019avait invit\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas son oblig\u00e9. R\u00e9ponse au don, le contre-don, \u00e0 la fois inattendu et excessif, trouverait sa racine dans une lutte pour le prestige. Mauss en rapporte la logique \u00e0 la \u00ab force magique \u00bb des choses \u00e9chang\u00e9es. Donner en retour, serait faire revenir la force contenue dans le don \u00e0 son origine chez le donateur. L\u2019\u00e9conomie du don, suppose ainsi une sorte d\u2019efficacit\u00e9 du rite, ind\u00e9pendante de la qualit\u00e9 des personnes, qui au fil des cycles, tisserait entre les donateurs et les donataires un r\u00e9seau de dettes, d\u2019obligations et de responsabilit\u00e9s r\u00e9ciproques \u00e0 l\u2019effet pacificateur.<\/p>\n<p>Plusieurs travaux contestent cependant cette analyse qui fait reposer l\u2019exigence d\u2019un retour sur la chose donn\u00e9e. Pour Paul Ric\u0153ur le v\u00e9ritable enjeu du don, comme de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, serait plut\u00f4t l\u2019acte mutuel par lequel deux \u00eatres se reconnaissent, le don n\u2019\u00e9tant que le gage sans mot de cette reconnaissance : \u00ab Le fonctionnement du don serait en r\u00e9alit\u00e9 non pas dans la chose donn\u00e9e, mais dans la relation donateur-donataire, \u00e0 savoir une reconnaissance tacite symboliquement figur\u00e9e par le don. (2004, p. 24) En donnant, le donateur manifesterait qu\u2019il reconna\u00eet le donataire, qui, reconnu, pourrait sans contrainte le reconna\u00eetre \u00e0 son tour. De cela, chacun peut faire l\u2019exp\u00e9rience banale, lorsque le bienfait ou le cadeau re\u00e7us, ou m\u00eame la simple politesse, nous font exp\u00e9rimenter \u00ab le petit bonheur d\u2019\u00eatre reconnaissant et d\u2019\u00eatre reconnu \u00bb.<\/p>\n<p>Il y a sans aucun doute du plaisir, de la reconnaissance et peut \u00eatre aussi une rivalit\u00e9 mim\u00e9tique dans tous ces cadeaux, petits ou grands, que nous nous offrirons en cette fin d\u2019ann\u00e9e, et m\u00eame dans nos dons \u00e0 toutes les \u0153uvres et les causes qui nous sollicitent sans cesse. Que la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ne soit pas purement d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e ne doit pas nous effrayer. C\u2019est bien.<\/p>\n<p>Mais le plaisir, le prestige et la reconnaissance \u00e9puisent ils ainsi le sens du don ? La philanthropie antique esquissait une autre voie que nous avons parfois oubli\u00e9e : celle de donner pour se prouver \u00e0 soi-m\u00eame qu\u2019on n\u2019est pas pris seulement dans sa fonction, dans son r\u00f4le ou dans ses biens. Le don ouvrirait alors le donateur \u00e0 une nouvelle identit\u00e9. Par sa force d\u2019\u00e2me, il se prouverait \u00e0 lui-m\u00eame qu\u2019il n\u2019est pas r\u00e9duit \u00e0 ce qu\u2019il a et \u00e0 ce que les autres pensent qu\u2019il est. En se posant comme homme ou femme de bien, le donateur montrerait qu\u2019il est libre. Humain simplement, il s\u2019affirmerait comme l\u2019\u00e9gal de tous et s\u2019approcherait ainsi paradoxalement des dieux, qui ne font acception de personne, indiff\u00e9rents au plaisir, au prestige et \u00e0 la qu\u00eate de reconnaissance.<\/p>\n<p><strong>A relire\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Paul Ric\u0153ur, \u00ab <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000137527\">La lutte pour la reconnaissance et l\u2019\u00e9conomie du don<\/a> \u00bb, UNESCO, 2004<\/li>\n<li>Plutarque, Vies parall\u00e8les des hommes illustres, traduction d\u2019Anne-Marie Ozanam, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2001.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fran\u00e7ois Dermange<\/strong><\/p>\n<p>Dipl\u00f4m\u00e9 de HEC (Paris), Fran\u00e7ois Dermange a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 consultant chez Arthur Andersen. Il a ensuite entrepris des \u00e9tudes de th\u00e9ologie \u00e0 Paris, puis Gen\u00e8ve, o\u00f9 il a fait sa th\u00e8se sur \u00ab\u2009\u00c9thique, \u00e9conomie et th\u00e9ologie\u2009\u00bb dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Adam Smith. Il est depuis 1998 professeur ordinaire d\u2019\u00e9thique \u00e0 la Facult\u00e9 de th\u00e9ologie de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve dont il a \u00e9t\u00e9 le doyen pendant quatre ans (2005-2009). Il est membre du Comit\u00e9 strat\u00e9gique du Centre en philanthropie (UNIGE) et enseigne dans le cours sur la philanthropie \u00e0 la facult\u00e9 de droit. Fran\u00e7ois Dermange est \u00e9galement intervenant de la &#8220;Master Class en Philanthropie&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9tudes de neuro-imagerie le montrent : le comportement g\u00e9n\u00e9reux procure du plaisir et, par sa connexion \u00e0 d\u2019autres zones du cerveau, participe \u00e0 cr\u00e9er une sensation de bonheur. Cela fait-il de la recherche du plaisir la motivation \u00e0 donner ? Certains le pensent, qui trouvent l\u00e0 une justification empirique aux th\u00e8ses avanc\u00e9es voici deux [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":15506,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[35,41],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v19.6 (Yoast SEO v19.13) - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Fran\u00e7ois Dermange - Pourquoi donner\u00a0?\u00a0 - Swiss Philanthropy Foundation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Fran\u00e7ois Dermange - Pourquoi donner\u00a0?\u00a0\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les \u00e9tudes de neuro-imagerie le montrent : le comportement g\u00e9n\u00e9reux procure du plaisir et, par sa connexion \u00e0 d\u2019autres zones du cerveau, participe \u00e0 cr\u00e9er une sensation de bonheur. Cela fait-il de la recherche du plaisir la motivation \u00e0 donner ? Certains le pensent, qui trouvent l\u00e0 une justification empirique aux th\u00e8ses avanc\u00e9es voici deux [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Swiss Philanthropy Foundation\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2020-12-01T17:22:36+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"fatih\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"fatih\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"5 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/\",\"url\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/\",\"name\":\"Fran\u00e7ois Dermange - Pourquoi donner\u00a0?\u00a0 - Swiss Philanthropy Foundation\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/#website\"},\"datePublished\":\"2020-12-01T17:22:36+00:00\",\"dateModified\":\"2020-12-01T17:22:36+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/#\/schema\/person\/4d9413c65e5faf6b3ed2eb9b68b7071c\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Fran\u00e7ois Dermange &#8211; Pourquoi donner\u00a0?\u00a0\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/\",\"name\":\"Swiss Philanthropy Foundation\",\"description\":\"SWISS PHILANTHROPY Foundation\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/#\/schema\/person\/4d9413c65e5faf6b3ed2eb9b68b7071c\",\"name\":\"fatih\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Fran\u00e7ois Dermange - Pourquoi donner\u00a0?\u00a0 - Swiss Philanthropy Foundation","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"Fran\u00e7ois Dermange - Pourquoi donner\u00a0?\u00a0","og_description":"Les \u00e9tudes de neuro-imagerie le montrent : le comportement g\u00e9n\u00e9reux procure du plaisir et, par sa connexion \u00e0 d\u2019autres zones du cerveau, participe \u00e0 cr\u00e9er une sensation de bonheur. Cela fait-il de la recherche du plaisir la motivation \u00e0 donner ? Certains le pensent, qui trouvent l\u00e0 une justification empirique aux th\u00e8ses avanc\u00e9es voici deux [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/","og_site_name":"Swiss Philanthropy Foundation","article_published_time":"2020-12-01T17:22:36+00:00","author":"fatih","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Written by":"fatih","Est. reading time":"5 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/","url":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/","name":"Fran\u00e7ois Dermange - Pourquoi donner\u00a0?\u00a0 - Swiss Philanthropy Foundation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/#website"},"datePublished":"2020-12-01T17:22:36+00:00","dateModified":"2020-12-01T17:22:36+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/#\/schema\/person\/4d9413c65e5faf6b3ed2eb9b68b7071c"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/2020\/12\/01\/francois-dermange-pourquoi-donner\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Fran\u00e7ois Dermange &#8211; Pourquoi donner\u00a0?\u00a0"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/#website","url":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/","name":"Swiss Philanthropy Foundation","description":"SWISS PHILANTHROPY Foundation","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/#\/schema\/person\/4d9413c65e5faf6b3ed2eb9b68b7071c","name":"fatih"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15594"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15594"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15594\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15506"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15594"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15594"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.swissphilanthropy.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15594"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}